Pourquoi ne pas s'inspirer de l'expérience de la Sarthe ?
Un grand journal du soir - pour reprendre une expression consacrée -, présentait il y a quelques jours l'expérience du Conseil général de la Sarthe qui, depuis 2002, finance un "congé à la création d'entreprise".
De quoi s'agit-il ?
"Cap création Sarthe", est une initiative lauréate en 2004 du concours national des "Initiatives de l'économie". Conduite par "Carrefour Entreprise Sarthe", association membre de "France Initiative Réseau" - quelle manie de tout mettre en forme anglaise ! - permet à un salarié muni d'un projet de création d'entreprise validé par un comité ad hoc, de percevoir 70 % de son salaire antérieur brut pendant 6 mois, puis 50 % pendant de nouveau 6 mois, pour lui donner le temps et quelques moyens en vue de créer sa propre affaire, à condition de rencontrer une fois par mois un équipe de conseillers et de s'engager à demeurer implanté dans la Sarthe pendant au moins 5 ans. Si, à l'issue de cette année, le projet n'a pas abouti, l'entreprise d'origine reprend le salarié à un poste et un salaire équivalents à ceux antérieurs.
En quoi cela pourrait-il concerner une Française ou un Français à l'étranger ?
On sait que la très grande majorité des créatrices et créateurs à l'étranger sont des compatriotes antérieurement salariés à l'étranger. En fin de contrat ou de chantier, s'ils veulent percevoir des indemnités de chômage... ils doivent rentrer en France !
Pour une "créatrice" ou un "créateur" dans l'âme - on sait aussi que c'est le cas de la majorité des créateurs à l'étranger -, c'est ridicule. Pour peu qu'ils aient su observer le milieu économique dans leur terre d'accueil, c'est bien là qu'ils peuvent le plus rapidement, "saisir une opportunité" et créer leur entreprise.
Alors, pourquoi ne pas leur permettre, pendant un an, de percevoir leurs allocations chômage sur place, leur assurant ainsi un minimum de revenus pendant un temps suffisant pour tester et monter leur projet ?
Si le garde-fou de l'approbation préalable de leur projet semblait nécessaire et si un soutien mensuel par un comité approprié était souhaitable, pourquoi ne pas confier à la Mission Economique (ME) locale - avec quelques chefs d'entreprise déjà installés, conseillers du commerce extérieur et quelques conseillers de la ME - le soin d'appuyer techniquement ces créateurs, les ASSEDIC assurant le versement des allocations ?
L'expérience sarthoise donne de modestes mais très bons résultats. Faut-il continuer à faire rentrer en France des créateurs potentiels, souvent futurs importateurs de technologies et produits français, pour qu'ils pointent régulièrement à la Maison pour l'Emploi ?
A bon entendeur...
Mon parcours professionnel m'a conduit, depuis 1960, dans de nombreux pays étrangers, en
mission ou en séjour.