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CREATRICES ET CREATEURS D'ENTREPRISES A L'ETRANGER

498 - Concours SIFE... Comment l'emporter ?

6 Juin 2007, 23:12pm

Publié par gerardja

Concours SIFE – Mettre le maximum de chances de son côté
 
Les conseils que je vais m’efforcer de donner ci-après n’engagent évidemment que moi et en aucun cas SIFE France, pas plus bien sûr que l’organisation mondiale gérée par une Fondation américaine. Ils résultent de ma modeste participation, depuis trois ans maintenant, à cette compétition, en qualité de membre du Jury des demi-finales France, ainsi que de ma présence en qualité d’observateur à la finale mondiale de 2006 qui s’est déroulée à Paris.
 
1)      Il convient que le ou les projets réalisés et dont les équipes rendent compte en 24 minutes reflètent au maximum « l’esprit » SIFE. Ce n’est pas si simple que cela : 6 critères sont en jeu. Mais leur définition originale est en langue américaine. Je suggère donc aux équipes de bien s’imprégner de ces 6 (et non 5 comme semble-t-il certains l’interprètent) critères dans leur version originale en consultant le site américain.
 
Même si, selon les règles SIFE, chaque critère a bien le même poids (20 points sur un total de 120), il est difficile de ne pas penser que, inconsciemment, chaque « juge » leur accorde un poids affectif différent. C’est pour moi une raison de plus de chercher à être réellement au top pour chacun de ces critères.
 
2)      Personnellement, je crois plus important de démontrer l’effectivité du respect des 6 critères pour chacun des projets présentés. Il me semble en effet que c’est ainsi le meilleur moyen de démontrer leur bonne compréhension et leur bonne prise en compte. Ma perception de « l’esprit » SIFE et du management éthique et social que ce concours entend promouvoir, selon moi, ne se divise pas avec des activités formatrices ici, éthiques là, sociales ailleurs. Mais d’autres juges sont cependant d’un avis différent, arguant que l’essentiel est de démontrer en un ou en plusieurs projets, la bonne prise en compte de l’ensemble des critères.
 
3)      Si de grosses équipes candidates peuvent conduirent plusieurs projets simultanément, il me semble que de plus petites équipes ont intérêt à se concentrer sur un seul projet, ou deux au maximum.
 
4)      C’est bien le fond qui est essentiel, mais la forme n’en est pas moins à soigner. Si cette règle n’est pas fondamentale en finale nationale, elle le deviendra pour la suite. En effet, en finale continentale comme en finale mondiale, la quasi-totalité des finalistes respectent parfaitement les 6 critères. C’est alors la forme qui va distinguer les uns des autres. Elle intervient à plusieurs niveaux que je développe dans les alinéas suivants.
 
5)      Le « Rapport » : il s’agit d’un quatre page de présentation de l’équipe et de ses projets, en anglais. Il convient évidemment de veiller à ce que cet anglais soit… bien anglais. Et même plutôt américain pour la finale mondiale compte tenu de la composition du jury à ce dernier niveau. D’où l’intérêt de le faire relire pas quelqu’une ou quelqu’un dont c’est la langue maternelle. 

Cela peut sembler évident, mais il ne me semble pas inutile de le réaffirmer : le Rapport doit être aéré, attractif et très « lisible », pas trop surchargé, pas trop « bariolé », avec de bons choix de polices et de couleurs. Les « juges » doivent pouvoir s’en imprégner totalement dans les 6 à 7 minutes qui leur sont accordées après leur distribution. 

Beaucoup d’équipes tiennent apparemment à faciliter le travail des juges en les informant que tel ou tel projet respecte bien tels critères. Pourquoi pas ! Mais l’essentiel est que le texte présenté, les chiffres annoncés en apportent la preuve. Il convient également de bien occuper l’espace, les quatre pages. Toujours selon moi, ce sont les projets et la relation de leur réalisation et de leurs résultats qui sont essentiels, pas la description de l’école. Mieux vaut donc consacrer le maximum d’espace à ces projets plutôt qu’à l’école et/ou à tous les conseillers qui ont entouré l’équipe de leurs précieux conseils.
 
6)      La présentation écrite des candidats : beaucoup d’équipes rajoutent un recto-verso en couleurs pour présenter rapidement chaque participant. Dans certains cas, avec photo, âge, nationalité, enseignement suivi éventuellement de la spécialité et de l'adresse de messagerie. Cela n’est en rien demandé par l’organisation du concours et je ne pense pas que cela puisse influencer le jury. Ce n’est cependant pas inutile. Les mécènes à la recherche de candidats pour leur propre entreprise trouveront là des informations suffisantes pour, éventuellement, contacter les intéressés pour un stage et/ou un emploi. C’est aussi à cela que SIFE sert !
 
7)      Le « show » de présentation du ou des projets : si le minutage est généralement parfaitement respecté – il s’agit de convaincre le jury, en 24 minutes, que le ou les projets réalisés satisfont bien aux 6 critères SIFE -, la présentation doit aussi l’aider à apprécier ce respect des critères. Non pas en se contentant d’affirmations. Mais bien en démontrant avec images, sons, textes, chiffres et une certaine « théâtralisation » que les objectifs ont été atteints dans « l’esprit » SIFE. 

Etre à l’aise, convaincu, détendu, souriant, parfaitement « fluent » en anglais sont à l’évidence des plus. Pour les membres de l’équipe qui auraient une moindre maîtrise de cette langue, diverses fonctions peuvent être remplies : salutation du jury (à l'ouverture comme à la sortie...), présentation des membres de l’équipe, informatique… 

Là encore, pour les équipes qui iront en finale continentale et a fortiori mondiale, il faudra être au top.
 
Cela veut dire : soigner l’image (pas d’images floues, pas de déplacements de caméra ou de zooms rapides), soigner le texte (quelques mots-clés seulement : quand le « juge » lit, il n’écoute plus…), sous-titrer systématiquement ce qui n’est pas en anglais, soigner le son (apporter ses propres haut-parleurs d’excellente qualité, faire des montages professionnels avec effets sonores, sélectionner des fonds musicaux en rapport avec ce que symbolisent les images…), rester stable sur ses deux pieds et bien regarder le jury, les yeux dans les yeux (le balancement et déhanchement d’une jambe sur l’autre déconcentrent les juges…).
 
8)    Les cinq dernières minutes : elles sont consacrées à répondre à quelques questions posées par quelques membres du jury. Elles visent principalement – outre à s’assurer de la bonne compréhension de l’anglais (encore une fois, il s’agit d’un concours américain) -, à vérifier un point ou un autre, à s’assurer de la réalité d’une affirmation, à confirmer que tel ou tel critère a non seulement bien été compris mais aussi mis en œuvre. En cinq minutes, elles sont peu nombreuses. Il est bon de bien les écouter, éventuellement de faire répéter (cela donne du temps pour préparer la réponse), puis que le responsable de l’équipe désigne le membre le mieux à même d’y répondre, celle ou celui qui maîtrise le mieux le thème abordé et dont l’anglais est excellent.
 
9)      Les bonnes raisons de participer au concours SIFE, même si on ne va pas en finale France, Europe ou Monde : comme pour toute épreuve, il va de soi que chaque équipe et chaque participant souhaite aller le plus loin possible dans le concours. Mais s’il n’y a bien qu’un gagnant finaliste à tous ces niveaux, si une école qui en est à sa énième participation a probablement plus de chances d’aller plus loin qu’une nouvelle, si une équipe dispose de moyens que d’autres trouveront considérables… là n’est pas l’essentiel. 

Le gain de chaque participant n’est pas dans le gain du concours – encore que, le fait qu’il y ait participé apportera un plus à son c-v - mais bien dans tout le travail réalisé tout au long de l’année qui vaut tous les TP du monde. En fait, je suis convaincu que cette participation donne à chacun un meilleur savoir, un meilleur savoir-faire et un meilleur savoir-être pour obtenir demain son diplôme et, après-demain, un emploi. Quant à se demander si les juges ne se laissent pas impressionner par les équipes qui ont déjà eu de bons résultats ou qui disposent de gros moyens (matériels, financiers, humains), ma réponse personnelle est non : j’attends encore plus de telles équipes.
 
10) Sur l’un des critères, le management éthique et social : je signale un risque que j’ai observé, celui de confondre éthique du management et management social avec "actions caritatives". Je ne sais pas si nos amis Américains promoteurs de SIFE partagent mon point de vue sur cette question. Pour moi, management éthique st social ne veut pas dire que, à côté du développement concurrentiel de son entreprise, avec ses profits, il convient de promouvoir des actions philanthropiques, mais bien que, dans sa gestion de tous les jours, il convient de prendre en compte éthique, social et environnemental.
 
Si certains souhaitent débattre certains de mes commentaires ou aborder d’autres questions, ils peuvent poster un commentaire ou m’adresser un message personnel.

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