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CREATRICES ET CREATEURS D'ENTREPRISES A L'ETRANGER

602 - Un Etat doit-il "retenir" ses cerveaux ?

6 Octobre 2007, 22:01pm

Publié par gerardja

La question est posée par Julien Bouissou, correspondant du journal "Le Monde" à New-Delhi...

Observant qu'à son tour l'Inde va très prochainement manquer d'ingénieurs et autres cadres, notamment informaticiens (260.000 en 2012 !), certains députés indiens ont proposé la création d'une "taxe de sortie" pour rembourser tout ou partie des dépenses d'éducation de ces jeunes cerveaux partis ailleurs exercer leurs talents.

L'article se trouve à cette page :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-962065,0.html

Est-ce cependant une bonne approche ? Je ne le crois pas. D'autres cadres indiens doutent de l'intérêt de ce type de mesure en faisant valoir que ces expatriés envoient chaque année environ 26 milliards de dollars au pays soit près de 24 fois plus que ce que l'Inde dépense annuellement pour son enseignement supérieur !

D'autres experts, ailleurs, ont déjà noté que pour nombre de pays d'Afrique, les fonds envoyés au pays par leur diaspora représentent des multiples de 3, 4, 7 ou 10 fois le montant total de l'Aide publique au développement reçue par ces Etats.

Il devient temps, je crois, de raisonner en termes de développements mutuellement profitables (une sorte de co-développement réel) plutôt que d'affrontements et de "vols" de cerveaux. 

Il devient temps, je crois, de repenser le Monde, un monde ouvert à toutes et tous, à toutes les initiatives, à toutes les créativités. 

Il devient temps, je crois, de repenser les rapports entre les économies et les peuples. En termes d'échanges solidaires.

Il devient temps, je crois, de cesser de vouloir brimer les libertés individuelles au profit de méthodes conduisant à de mutuels enrichissements. Dans cette hypothèse, il reviendrait aux Etats bénéficiaires, sur la base d'accord bilatéraux (ou multilatéraux, pourquoi pas) de mettre en oeuvre de nouvelles formes de "retours" mais "sur investissements" au profit des pays dont sont originaires ceux qui tentent leur chance hors de leurs frontières d'origine mettant ainsi en oeuvre une des libertés essentielles prévues par la Déclaration universelle des Droits de l'Homme; celle d'aller et de venir, de quitter "son" pays et même d'y revenir...

Un tel monde ouvert, aux frontières "filigranées", contribuerait au rapprochement des peuples, à la Paix et au Développement solidaire.

A demain.

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