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CREATRICES ET CREATEURS D'ENTREPRISES A L'ETRANGER

381 - Le Salon des entrepreneurs 2007

31 Janvier 2007, 23:00pm

Publié par GERARD

Comme chaque année, j'y ai fait un tour aujourd'hui...

J'y retournerai peut-être demain. Mais restons à ce premier jour.

Comme chaque année, ce Salon propose de nombreux stands d'exposants - beaucoup d'informatique cette année -, des conférences, des ateliers et des événements / débats.

Le problème, pour moi, pensant aux créatrices et créateurs à l'étranger, est que, parmi le vaste choix de conférences et d'ateliers, aucun ne s'adresse directement à ceux-ci ! Je l'ai déjà souligné plusieurs dans des enquêtes post-salons. Sans succès jusqu'à présent.

Tentant alors de me rabattre sur des thèmes pouvant - même indirectement - vous intéresser... la plupart des mes choix se déroulent malheureusement en même temps.

Ainsi, pour ce mercredi 31, j'avais retenu les conférences "Aides et avantages réservés aux jeunes créateurs", "Les 10 pièges à éviter pour réussir sa création d'entreprise" et "Organiser et financer votre prospection à l'international", ainsi que les ateliers "Augmenter votre trafic sur votre site Internet" et "Comment se développer à l'international avec l'appui des grands groupes français ?.

Las... tous se déroulaient de 16h00 à 17h30 pour les conférences ou de 16h30 à 17h00 pour les ateliers !

Je me suis donc résolu à parcourir les stands et à n'assister qu'à l'atelier relatif au trafic sur Internet avant d'assister à l'émission en direct de Radio Classique dont je vous parlerai ensuite.

Les ateliers sont généralement animés par des fournisseurs. Celui auquel j'ai assisté, intéressant, l'était par Yahoo et présentait son système d'enchères pour réservation de "noms" (comme "crèpes" par exemple, ou de groupes nominaux (comme "crèpes bretonnes Bangkok" par exemple) en sorte d'apparaître en tête (dans le cartouche grisé qui se situe avant la liste des sites comportant ce nom, normalement classé en fonction de leur fréquentation, les plus usités en premier) lors d'une recherche sur ce nom ou groupe nominal.

En bref, comment pouvez-vous accroître les visites de votre site et, vos ventes par son intermédiaire ?

Les statistiques montreraient que, à l'issue d'une recherche avec un moteur ou un autre, le site apparaissant le premier serait le plus "cliqué", donc le plus visité et que, à condition d'être "vendeur", il génèrerait le plus d'achats, de réservations (hôtels, restaurants, voyages...) ou de visites en magasin...

L'objectif est donc d'apparaître en tête dans cette liste "payante", la vraie liste commençant en dessous de cette partie grisée. Bien entendu, pour cela, il faut payer... Chaque clic sur votre site fait alors l'objet d'une facture au tarif que vous avez accepté (qui commencerait à 0,05 €).

Vos concurrents vont probablement réagir. Comment ? En enchérissant, comme à la bourse, sur votre enchère. Quelqu'un proposera 0,10 € par clic. Vous passerez au second rang du cartouche grisé. Si vous constatez un perte d'affaires, vous proposerez vous-même 0,20 € par exemple et réapparaîtrez en tête... Ainsi de suite jusqu'au moment où vous constaterez que cette forme de publicité a par trop réduit votre marge... Vos concurrents feront le même type de calcul : combien de clics, à quel coût, pour une vente ?

Il semblerait que, dans le semaine qui vient, les conférences (toutes ?) et les ateliers (tous ? je ne sais pas), seraient mis en ligne sur le site du Salon dont voici l'adresse :

http://www.salondesentrepreneurs.com/evenements/4go/

Si c'est bien le cas, cela résoudra le problème que je vous exposais en début de page.

J'ai alors repris mon tour des stands, récupéré un sac et des stylos (à bille) pour l'année, acheté une mise à jour Windows Vista pour remplacer mon Windows XP... puis j'ai rejoint la salle studio du 3° étage pour l'émission en direct, organisée par "Le Monde" et "Radio Classique" à l'occasion de ce salon.

Gérard Bonos en était le "rédacteur".

Jean-Marie Colombani (directeur du Monde) a commencé par donner ses convictions sur l'état de la France : si le chômage est en baisse nous demeurons les derniers en Europe, messieurs Barre et Messmer s'inquiètent pour nos enfants, nous avons de multiples rapports qui analysent et proposent des solutions... 3 priorités : 1. retrouver de la croissance, ce qui suppose de réhabiliter la valeur "travail", ce sur quoi les deux candidats susceptibles de figurer au 2° tour son d'accord ; 2. développer l'emploi ; 3. investir dans l'Université et le recherche... ce sur quoi aussi ces mêmes candidats à la présidentielle sont d'accord. 2 grands problèmes : il faut réparer les dégâts diplomatiques et stratégiques du "non" à l'Europe ; les classes moyennes sont en grand désarroi, ce qui ne se règlera que par un accroissement du pouvoir d'achat et bien sûr des emplois. Les Français veulent du changement. En même temps, ils ont la hantise d'un nouveau 21 avril... Ils choisiront entre Nicolas = l'énergie, et Ségolène, la protection.

Après quoi, 5 chefs d'entreprises ont été interviewés par 5 journalistes dans le cadre d'un jeu de rôle : ils étaient "membres d'un gouvernement virtuel" et devaient dire ce qu'ils feraient chacun dans son domaine lié à sa profession : international pour Michel Pébereau (BNP Paribas), France (économie) pour Michel-Edouard Leclerc (Leclerc), "enjeux sociaux" pour Bernard Rousset (April Group), recherche et développement pour Bernard Liautaud (Business Objects) et communication pour Mercedes Erra (Euro RSCG).

Pour Pébereau : pas d'avenir hors du marché, pas de marché sans entreprises avançant aussi loin que possible dans le monde ; nécessité de supporter aussi bien les PTE que les PME et les très Grandes entreprises. Il convient de 1. remettre de l'ordre dans les finances publiques, 2. réformer la retraite et la maladie en partageant les efforts, 3. développer la compétitivité et l'emploi, 4. réformer l'université et la recherche.

Pour Leclerc : comme "ministre des finances", ses premiers invités seraient les organisations représentatives des consommateurs et des familles pour remettre la France au travail = redonner de l'espoir, augmenter le pouvoir d'achat et supprimer toutes les barrières à la création. Il faut créer de la richesse et la répartir. Les 35 heures ? Je suis pour. Mais aussi pour permettre à tous de travailler plus. Il faut revoir la politique social, les barrières d'entrée dans les métiers, l'apprentissage... et aussi recréer la démocratie.

Pour Rousset : il convient de capter les attentes, de développer les motivations de responsabilité, liberté, subsidiarité. Pour cela, je suis pour l'actionnariat obligatoire, pour l'adhésion syndicale obligatoire, pour la révision des règles de représentativité, pour une gestion responsable des retraites et allocations familiales par les seuls syndicats (sans l'Etat, sans le patronat), pour la réduction des écarts de rémunération, pour que les employeurs assurent seuls les charges du chômage, pour l'égalité du travail manuel par rapport au travail intellectuel...

Pour Liautaud : en matière de R et D, il ne faut pas se réfugier dans nos gloires du passé ; il convient d'encourager l'innovation et la croissance des entreprises innovantes. Les secteurs propices : l'économie de l'intelligence, le web, les nanotechnologies, l'économie de l'innovation...

Pour Erra : communiquer, c'est d'abord bien connaître ceux vers qui communiquer, c'est avoir un projet clair, c'est aussi choisir, simplifier, faire la preuve et être obstiné.

L'émission s'est terminée par un débat entre Patrick Devedjian et Jean-Louis Bianco, animé par Gérard Bonos et Denis Jeambar.

Je résume les moments clés, rapidement.

Pour Bianco : vos chefs d'entreprises posent de bons diagnostics, ont été stimulants, innovants et il y a des idées que nous allons creuser ; toutefois, la croissance pour un Etat concerne l'humain, par seulement des produits. Il doit assurer un développement durable, les moteurs du développement sont lécole, la recherche... les Français doivent retrouver confiance, la démocratie participative et la démocratie sociale sont indispensables... Nos entreprises aussi au moment où notre propre pays attire des entreprises étrangères qui apprécient notamment la qualité des nos services publics... la dette, oui, c'est important, elle doit être réduite, mais la question est de savoir avec quel degré de priorité par rapport à d'autres objectifs premiers... Des débats participatifs remontent deux questions fondamentales : l'école et la vie chère. Pour les 100 premiers jours, nous devront dire ce que nous ferons et le faire ! Démontrer que cela peut changer vite. Y compris pour les jeunes par trop précaires... Ces réformes seront acceptées si nous savons y mettre la pédagogie nécessaire...

Pour Devedjian : oui, intéressant. Mais l'Etat n'est pas tout à fait l'entreprise. Quelle priorité ? Il y en a beaucoup à conduire en même temps : plus de pain, oui, mais aussi plus de sécurité, le travail en est le moyen, il faut développer des accords dans les entreprises, à des niveaux plus bas qu'aujourd'hui ; il faut corriger le sentiment des Français sur la mauvaise gouvernance : la dépense publique n'est pas maîtrisée, pas choisie, pas productive ; les 35 heures nous coûtent 25 milliards, les pré-retraites 5 milliards à utiliser ailleurs... la priorité pendant la première année ? La gouvernance de l'Etat. Nous voulons un président de la République avec moins de pouvoirs et qui assume ses choix. Et aussi réviser la carte juridique. Les Français accepteront ces réformes si les politiques y mettent un peu d'intelligence...

Mettre les créatrices et créateurs dans la peau d'un ministre est un exercice de grand intérêt...

Bien à vous.

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