Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
CREATRICES ET CREATEURS D'ENTREPRISES A L'ETRANGER

391 - Voeux de nos PME/TPE/NE à l'étranger

10 Février 2007, 23:00pm

Publié par GERARD

L'élection présidentielle prochaine est l'occasion de rappeler quelques souhaits de nos "entreprises à capitaux français à l'étranger"

1. QUI SONT CES CREATRICES ET CREATEURS ?

 

Il s’agit d’une femme dans environ un cas sur cinq ; près de 20 % ont moins de 35 ans, près de la moitié entre 35 et 50 ans, et plus du quart plus de 50 ans ; 70 % d’entre eux étaient salariés avant de créer leur affaire, dont neuf sur dix dans le secteur privé ; seuls, 22 % sont partis de France pour réaliser leur projet à l’étranger ! 65 % étant déjà dans leur pays actuel et 13 % dans un autre pays ; environ quatre sur dix sont des « multi-créateurs », c’est-à-dire qu’ils avaient déjà créé quelque chose auparavant ! Plus de six sur dix l’ont fait « à l’étranger » en raison, tout d’abord, de « circonstances ou opportunités favorables » ; près de neuf sur dix ont une formation égale ou supérieure au premier cycle universitaire ! Presque tous sont réellement polyglottes, parlant en moyenne deux autres langues que le français ! Ils sont entre 250.000 et 300.000 répartis dans le monde entier (contre 25.000 filiales de groupes français).

 

2. QUELLES MESURES PRENDRE POUR LES ENCOURAGER ?

 

21. Il faut déjà les connaître mieux

 

Inclure dans les attributions de nos Missions économiques à l’étranger celle de tenir à jour un répertoire aussi exhaustif que possible des entreprises créées par nos compatriotes à l’étranger. Les chambres de commerce et d’industrie françaises locales devraient être destinataires d’un tel répertoire ne serait-ce que pour qu’elles puissent entrer en relation avec les entreprises « hors groupe » qui sont des relais possibles pour l’attractivité de la France.

 

Organiser une fois tous les cinq ans, soit pour le monde entier, soit une fois par an en rotation pour chaque continent ou selon toute autre formule appropriée, de véritables enquêtes socio-économiques sur ces créateurs et les entreprises qu’ils font fonctionner.

 

Perfectionner encore les statistiques maintenant tenues à l’occasion des formalités « d’enregistrement » notamment pour s’assurer que la rubrique « entrepreneurs » regroupe bien tous ceux qui répondent à la définition qui en est donnée et distingue bien ceux qui « entreprennent » pour leur propre compte de ceux qui le font pour un groupe basé en France ou ailleurs.

 

Assortir les statistiques liées à l’ enregistrement d’une révision annuelle des informations recueillies, sans attendre d’éventuelles réenregistrements ou notifications de départs, en invitant tous les immatriculés, sur la base d’un document adressé systématiquement à chacun et retraçant les informations disponibles les concernant, à les confirmer, les compléter ou les corriger. Cette méthode très simple – sans attendre une démarche volontaire - permettrait de garantir une bien meilleure validité de la base de données disponible dans les consulats, y compris, bien évidemment pour toutes les informations nécessaires à l’actualisation des « plans de sécurité » (adresses bureau et logement, taille et composition de la famille, moyens de communication, etc.).

 

22. Puis faciliter leur création et/ou leur développement et les encourager

 

Mesures d’intérêt général au profit de l’entreprise française à l’étranger

 

Examiner la possibilité d’étendre aux créateurs français à l’étranger certaines des mesures d’encouragement adoptées dans le cadre de la loi du premier août 2003 pour l’initiative économique ayant pour principal objectif de faciliter la création, le financement et la transmission des entreprises en France, loi qui ne contient aucune disposition spécifique pour les créateurs français à l’étranger.

 

Encourager par un contrat de programme – et donc un financement pour ce faire - nos Chambres de commerce et d’industrie à l’étranger, à rechercher et à accueillir les créateurs français « indépendants ».

 

Dispositif d’appui général


Créer pour la France et pour l’Europe la catégorie juridique « d’entreprises à capitaux français (ou européens) à l’étranger ».

 

Revenir à l’esprit qui a présidé à la création de la Maison des Français de l’Etranger, à savoir d’être un « guichet unique » où sont regroupés tous les services susceptibles d’intéresser les Français à l’étranger. Ce projet pourrait prendre la forme d’un GIE rassemblant : la MFE, l’Espace emploi international (EEI, ex-OMI + ANPE « international »), le Centre d’information sur le volontariat international, et une délégation de l’Agence pour la création d’entreprises.

 

Inviter ce GIE, à créer deux sites Internet spécifiques, l’un fournissant toutes les informations à jour concernant les pays étrangers : données politiques, économiques, sociales, juridiques, fiscales, etc., et l’autre, constituant une véritable bourse de l’emploi à l’étranger accessible aux entreprises comme aux candidats, stagiaires compris.

 

Développer la mission des Comités consulaires pour l’emploi et la formation professionnelle, en liaison étroite avec les Chambres de commerce et d’industrie locale et les Missions économiques, et sous une forme juridique appropriée, pour en faire le pendant dans chaque pays du GIE de la Maison des Français de l’étranger, avec les mêmes missions d’information et de soutien au profit des Français à l’étranger.

 

Mettre en place au sein de nos missions économiques à l’étranger, un dispositif léger d’appui aux Françaises et Français créateurs de leur ressort ; celui-ci pourrait être constitué d’un seul cadre, si possible lui-même ancien créateur, disposant d’un léger budget lui permettant de sous-traiter les appuis concernés à d’autres compatriotes de ce réseau de créateurs.

 

Que ce dispositif ne se limite pas au seul champ professionnel ; que l’ensemble des sites et livrets publiés à l’attention des Françaises et des Français établis hors de France par nos services publics, consacrent quelques rubriques à fournir les meilleurs conseils qui soient dans les différents domaines du séjour, mais aussi de la création d’entreprise.

 

Encourager la création d’un Club de créateurs dans chaque pays comme il en existe en France et dont la vocation serait aussi conviviale que professionnelle, y compris par le biais de concours et de cérémonies de remise de Prix du Rayonnement français.

 

Encourager au sein des groupes français à l’étranger l’étude de la faisabilité de l’essaimage tel qu’il est pratiqué en France, en vue d’inciter certains de leurs cadres à s’installer à leur compte tout en bénéficiant, pendant quelque temps, d’un accompagnement par des professionnels financés par l’entreprise et d’une couverture sociale pendant la phase de création.

 

Lancer et publier des mini-enquêtes sur des questions ponctuelles permettant aux Françaises ou Français dans tel ou tel pays, de savoir comment ils résolvent au mieux leurs problèmes de création et/ou de développement d’entreprises.

 

Privilégier le cas échéant et autant que faire ce peut, leurs entreprises pour réaliser les études souhaitées par d’éventuels investisseurs potentiels français plutôt que de mobiliser leurs propres effectifs souvent moins bien placés et insérés dans les sociétés partenaires pour ce faire.

 

Envisager la négociation d’accords bilatéraux pour que certaines des mesures destinées aux « impatriés » en France, deviennent accessibles à nos expatriés à l’étranger, impatriés dans leurs pays d’accueil comme : la simplification des procédures d’impatriation pour les créateurs et leur famille avec la mise en place d’un guichet unique pour la délivrance des autorisations de travail et des titres de séjour ; l’ouverture automatique d’un droit au travail pour les conjoints ; mesures propres à encourager l’enseignement international pour les enfants impatriés (offre, baccalauréat international, bourses d’excellence…) ; mise en place d’allègements fiscaux et sociaux en faveur des jeunes entreprises innovantes, etc.

 

Inviter notre réseau de Conseillers du Commerce Extérieur à porter une attention particulière aux nouveaux créateurs.

 

Créer au sein de la Commission nationale des Conseillers du Commerce Extérieur Français, une sous-section ou une commission des « créateurs à leur propre compte à l’étranger » avec un représentant dans chaque section de CCEF à l’étranger, chargé de faire vivre « la famille des entrepreneurs français à l’étranger » au-delà de ses prérogatives de CCE.

 

Solliciter systématiquement les créateurs à leur compte qui paraissent avoir bien réussi – sans oublier les femmes -, pour une éventuelle proposition de nomination en qualité de CCEF.

 

Créer des cotisations minimes pour les deux premières années d’adhésion à la commission nationale des CCEF et à son Club de conseillers.

 

Intégrer le réseau des créateurs français à l’étranger à la base de données Athena, ainsi qu’au Service d’information sur les marchés extérieurs (Sime) qui, selon la Dree, « représente le plus court chemin pour accéder à l’offre d’informations et de services fournie par tous les acteurs du réseau public d’aide au développement international des entreprises françaises : missions économiques à l’étranger, Directions régionales du commerce extérieur (Drce), experts du Centre France du Commerce Extérieur et d’Ubifrance ».

 
Favoriser la création au sein des Chambres de commerce et d’industrie, là où cela n’existe pas, d’une section des « créateurs à leur propre compte » ; idem pour les clubs d’affaires français là où une Chambre n’existe pas.
 

Instituer une « cotisation créateur débutant » minime pour les compatriotes se lançant dans l’aventure et dont le projet requiert l’essentiel de leurs moyens financiers ; cette cotisation étant par exemple offerte à tout créateur nouveau pour les deux premières années de son adhésion, il est à penser qu’ils seront alors plus nombreux encore qu’aujourd’hui à rejoindre ces Chambres, puis à y demeurer par la suite.

 

Mettre en place en leur sein un système de parrainage à l’image de ce qui se fait en France dans certaines Chambres, dans certaines Régions ou dans certaines institutions à l’image de celles qui se consacrent aux « jeunes pousses ».

 

Dispositif d’appui au financement et via d’autres moyens

 

Ouvrir aux « entreprises à capitaux français (ou européens) à l’étranger » les appuis et aides diverses françaises (ou européennes) dont peuvent bénéficier les entreprises en France ou en Europe pour encourager leur création et/ou leur développement ou encore, pour encourager leurs capacités à exporter où à installer des filiales hors du pays de leur siège.

 

« Démocratiser » l’accès direct de ces créateurs au volontariat international pour répondre à des besoins ciblés d’ingénieurs, d’agriculteurs, d’ouvriers et d’artisans hautement qualifiés… sans coûts excessifs pour nos opérateurs à leur propre compte.

 

Ajuster leur rémunération de base – indépendamment des frais liés à la résidence -, aux réalités économiques du pays d’accueil, ceci, dans le double but de permettre à un maximum d’entreprises à capitaux français ou européens de bénéficier de volontaires et à un plus grand nombre de jeunes de se construire une première expérience à l’international.

 

Lever un obstacle majeur à la création et au développement à l’étranger d’entreprises non-filiales de groupes, en mettant à leur disposition via le réseau bancaire de notre pays, une partie des nos ressources financières à taux bonifiés.

 

Encourager les banques françaises à l’étranger à accorder une attention spécialement bienveillante et plus généreuse que de coutume aux demandes de financement provenant de nos compatriotes particulièrement créatifs à l’étranger.

Les inviter à mettre fin aux doubles garanties, locales et, en France, qu’elles demandent parfois - comme trop souvent en Afrique.

 

Les inviter à étudier avec soin l’idée pour nos importateurs à l’étranger, de bénéficier de lignes de crédit garanties – avec leur accord - par leurs propres fournisseurs français qui les connaissent bien, et souvent de très longue date.

 

Assurer la protection des biens

 

Cesser de considérer que la question de la protection des biens et des personnes – en dehors des agents de l’Etat et de l’Etat lui-même qui font pour cela l’objet de traitements particuliers -, n’est qu’une affaire individuelle et concevoir un système mixte public/privé pour mettre sur le marché de nouveaux produits en la matière.

 

Favoriser une bonne protection sociale

 

Inviter la CFE (et la CNAV) à assurer une promotion plus intense de ses produits à l’étranger en matière de protection sociale et de retraites.

 

Ouvrir aux créateurs « d’entreprises à capitaux français à l’étranger » la possibilité de bénéficier d’une couverture sociale gratuite pendant deux ans pour eux-mêmes et leur famille ainsi que pour un an pour tout nouveau jeune compatriote embauché.

 

Réduire les coûts d’éducation des enfants

 

Faire partager par la Nation, au même titre et à la même hauteur qu’en France les frais d’écolage des enfants français à l’étranger ; ceci suppose naturellement que le ministère des affaires étrangères ne soit pas le seul bâilleur public de cet enseignement.

 

Intéresser l’Education nationale, non seulement à se préoccuper de la pédagogie pratiquée dans les écoles françaises à l’étranger – ce qui est déjà fait -, mais également à contribuer à leur financement.

 

Appliquer les normes françaises tant en matière de bourses qu’en ce qui concerne la prise en charge totale du personnel par l’Etat ou les collectivités territoriales.

 

Développer un budget spécifique du ministère de la Francophonie à l’effet de mettre en place des bourses au profit des francophones non français les plus méritants (bourses mises au concours), et rechercher le soutien non seulement de l’Union européenne mais aussi des pays francophones non-européens (Suisse, et Canada en particulier) pour une participation budgétaire aux frais d’écolage de leurs propres ressortissants dans nos écoles, à hauteur de ce que ces pays dépensent eux-mêmes sur leurs territoires.

 

Associer le budget du ministère de la francophonie à la mise en place à l’issue de concours, de nombreuses bourses d’excellence ouvertes aux enfants francophones à l’étranger ; leur présence est non seulement souhaitable tant que la langue française veut continuer à être un « passeur de culture » ; en outre le fait que les parents francophones contribuent largement aux frais généraux des établissements permet souvent de maintenir ouverts certains établissements de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger et les quelques sections ou options qui y sont offertes.

 

Mobiliser l’Union européenne pour que ses États membres assument une partie des charges de scolarité de tous les Européens à l’étranger, contribuant alors ainsi à développer une citoyenneté européenne ouverte au monde.

 

Lancer un programme de vacances subventionné ayant pour objet de permettre aux jeunes enfants français à l’étranger dont les parents n’ont que de faibles ressources - ce qui les conduit souvent à un éloignement progressif de la France et de sa langue -, de s’immerger quelques semaines de temps en temps en France, comme le pratiquent déjà quelques pays comme l’Espagne et la Grèce pendant les périodes touristiques creuses.

Commenter cet article