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CREATRICES ET CREATEURS D'ENTREPRISES A L'ETRANGER

393 - Afrique Avenir

12 Février 2007, 23:54pm

Publié par GERARD

Un encouragement pour les jeunes créatrices et créateurs d'Afrique...

A l'initiative du Chef de l'Etat, le ministère des affaires étrangères a organisé un forum intitulé "Afrique Avenir", en prélude au Sommet Afrique-France de Cannes dans quelques jours.

J'ai eu le plaisir d'y participer et je m'en réjouis. Il s'agissait de réunir en une 12 d'ateliers-témoignages (6 le matin et 6 l'après-mdi), une soixantaine de jeunes cadres d'Afrique et de les faire interroger (et échanger) - par des animateurs de nos radios ou TV nationales - sur leurs réussites.

Bien entendu, je n'ai pas pu suivre l'ensemble de ces ateliers et de ces réussites dans les domaines des arts et de la culture, du monde associatif ou de l'entreprise.

Des créateurs d'entreprises que j'ai pu entendre expliquer leur parcours, leurs difficultés, leurs réussites, je retiens trois points communs forts qui rejoignent d'ailleurs l'étude concernant nos compatriotes créateurs à l'étranger (premier lien en haut à droite) :

1) une volonté créatrice à toute épreuve ;

2) la rencontre d'un produit et d'un marché et, dans deux cas sur trois, le développant local d'une valeur ajoutée au lieu d'exporter les produits bruts ;

3) les mêmes obstacles rencontrés pour opérer dans une concurrence saine : législations ne protégeant par la production locale et/ou subventions aux produits concurrents importés !

Très concrètement, j'ai été frappé par l'enthousiasme et le dynamisme de trois de ces cadres modestes, brillants, maniant de plus l'humour avec grande délicatesse :

- monsieur Mustapha Ismaili-Alaoui, marocain, chercheur formé en France dans l'agro-alimentaire mais aussi... promoteur de projets remarquables au profit de paysans des montagnes dans deux domaines : la fabrication d'huiles aromatiques et/ou essentielles à partir de plantes médicinales et d'huiles d'olives de qualité par la promotion de petites coopératives, la mise à disposition sur place de petites unités mobiles de raffinage et la mise en place de normes strictes ;

- monsieur Bagoré Bathili, sénégalais, vétérinaire formé théroquement en Belgique et pratiquement en Bretagne et en Mauritanie, passionné de génétique, qui, ayant observé que si les vaches de la vallée du fleuve Sénégal ne donnaient que peu de lait, c'était d'abord en raison de l'absence - pour ce produit très fragile - de toute laiterie et de chaîne appropriée. Dès lors, s'entourant pour leur expertise et leurs conseils - de deux amis d'étude (un X pour la partie collecte et un Grande école de commerce pour la distribution) et réussissant à y intéresser des capitaux-risques français, il a pu développer une production locale de lait et de produits laitiers au goût des conssommateurs locaux (lait caillé par exemple). Il nous dit : "Il y avait des gens compétents - les éleveurs -, un heureux tissu d'amis également compétent, une demande, des capitaux-risques humanistes pour démarrer (cela a été plus difficile ensuite avec les banques pour la phase de développement !)... Nous collectons matin et soir en petits bidons chez les éleveurs pour gagner le centre de production/transformation en moins de duex heures... Notre concurrence, c'est... la poudre... le lait reconstitué, importé en poudre et subventionné... et l'absence d'étiquettage obligatoire permettant de distonguer clairement notre lait de l'autre... Vous sévez, du lait, c'est du lait ! Mais nous fabriquons de bons produis appropriés au marché. Et nous avons eu beaucoup de chance..." ;

- Andy Amadi Okoroafor, nigérian parfaitement bilingue (au moins), discret sur sa formation mais ayant beaucoup travaillé en France dans un laboratoire d'images, pour la mode, pour Virgin... passionné de l'image, aujourd'hui à la tête du magazine artistique "Clam" en anglais et français, vendu à New-York, au Brésil, en France, au Japon... ! Il insiste : "Il y a un business dans la culture, il faut créer des marques, J'ai pris beaucoup de risques, mais je crois en moi... Le monde entier attend des produits modernes africains..." De fait, il est aussi passionné par la création et le succès. Il cite en un rien de temps de nombreuses entreprises nigérianes, récentes et parfois déjà cotées en bourse. Le passage par là vaut le détour :

http://www.clammag.com/

Au passage, j'ai eu le plaisir de croiser Rokia Traoré, Youssouf Ndour et la célèbre "Eugénie" qui anime avec beaucoup d'intelligence chaque matin, une très intéressante émission d'Africa n° 1.

Certes, l'Afrique vit encore trop de drames, ici et là. Mais le temps lui est venu des créatrices et créateurs dynamiques, plein d'idées et qui... réussissent. C'est pour les mettre en lumière que ce Forum a été organisé. Gageons qu'il ne sera pas le dernier.

Bien à vous.

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