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CREATRICES ET CREATEURS D'ENTREPRISES A L'ETRANGER

424 - Les aides aux entreprises... en France

15 Mars 2007, 23:18pm

Publié par GERARD

C'est "Témoignage" qui, sous la plume de Philippe Terrasson, a dressé ce bilan...

Bien entendu, si cet article était couvert par des droits, sur simple demande, je le retirerais illico.

Mon commentaire, vous vous en doutez, demeure toujours le même : pourquoi pas quelques efforts pour faire connaître et reconnaître nos très nombreuses et nombreux compatriotes créatrices et créateurs à l'étranger et, surtout, pour les mobiliser par quelques moyens peu coûteux - recensement permanent et annuaire gratuit, prix de l'Excellence, accès aux soutiens accordés aux entreprises purement françaises ou européennes, etc. -, au service du rayonnement de nos affaires dans le monde ?


"65 milliards d’euros d’aides de l’État aux entreprises en 2006, beaucoup plus que pour l’éducation

BILLET D’HUMEUR

Publié dans l'édition du lundi 12 mars 2007 (page 8)

  ODEUR d’argent et odeur de misère, les mots s’entrecroisent, mais le scandale reste le même. Depuis la fameuse promesse du CNPF à Raymond Barre de créer des milliers d’emplois, si les charges sociales venaient à baisser, le patronat français acquiert, grâce à ce chantage odieux, des fortunes immenses ! Il semblerait que cela ne lui suffise pas, il faut désormais instituer un bouclier fiscal afin de ne pas prendre plus de 50% de ses revenus, obtenus de hautes luttes.

Avantages acquis ...

Depuis bien longtemps, on parle des avantages acquis des travailleurs, obtenus à force de revendications, de grèves et de sacrifices, mais on ne parle jamais de ceux des patrons qui ont vu leurs conforts s’accentuer, leurs fortunes, leurs salaires et autres stock-options se multiplier par 100, voire par 1.000, depuis le début de l’ère industrielle.

Toute une classe a vu l’État lui remettre le fruit de la collecte des impôts sous formes d’aides, d’exonérations de charges. 65 milliards d’euros d’aides en 2006, ce qui représente pratiquement le budget du Ministère de la Justice ! Pour qui ? Pourquoi ? Encore bien mieux, il semblerait que cela ne suffise pas, et puisqu’il faut aller au fond des choses et que l’on parle de la justice, il faut dire que certains patrons profitent également, grassement, des cellules VIP de la République, lorsqu’ils sont auteurs de détournement d’argent. Lorsque je dis "détournement" d’argent, il est juste question des détournements qui se font en "missouk", car le détournement d’une partie du budget de la Nation qu’on leur autorise sans aucune contrepartie, c’est sous nos yeux qu’ils le font, avec l’aval bienveillante de tous les gouvernements successifs et sans aucune compensation si ce n’est de vagues promesses verbales !

Lorsque l’on parle des régimes spécifiques des retraites, on donne bien souvent l’exemple du cheminot qui, jadis, devait remplir la chaudière et qui prenait des escarbilles dans les yeux, mais parle-t-on de la différence de pénibilité pour patrons, pénibilité qui diminue depuis l’ère des maîtres de forges ! Souvenons-nous que tout comme pour les cheminots, au 19ème siècle, le travail était beaucoup plus pénible pour le patronat. De nos jours, les patrons vont à leurs rendez-vous dans des jets privés aménagés en véritables résidences secondaires. Jadis, ils devaient faire des voyages harassants pour aller à la rencontre de leurs clients, ils prenaient, eux aussi, le chemin de fer pour aller vendre leurs produits.

Libéralisme, vous avez dit libéralisme !

Je dis "chiche"... ! Mais alors, on remet tout à plat ! Finies les aides et autres largesses pour les uns comme pour les autres. On m’a raconté cette histoire : Un jour, deux ouvriers mécontents sont allés voir leur patron pour dénoncer le fait qu’un troisième employé, qui gagnait le même salaire qu’eux, travaillait beaucoup moins. Savez-vous ce qu’a répondu le patron, dans sa grande bonté ? Il leur a dit : Oui, c’est vrai, et c’est scandaleux, mais ce n’est pas vous qui ne gagnez pas assez, c’est lui qui gagne trop ! C’est cette société que l’on nous promet, une société de régression. La vérité sur le chômage, ce n’est pas que le patronat obtienne trop d’aides, mais ce sont les salariés qui ne travaillent pas assez pour le même salaire.

Érémistes montrés du doigt

On ne compte plus le nombre de publications qui montrent du doigt la dérive des aides accordées aux érémistes, mais parle-t-on des faveurs accordées à des patrons qui, au bord de la faillite, se retrouvent bien tranquilles dans un confort payé par nos impôts ? Comment vit notre très "Cher" Jean-Marie Messier ?

On dit que le "I" de RMI n’a jamais été appliqué. Ah ce fameux "I", comme il en fait couler de l’encre ! Mais au fait, le fameux "Embauche" attribué à tout contrat d’aide publique aux entreprises est-il appliqué ? Et ce mot "Embauche", fait-il parler autant de lui que le "I" de RMI ? Combien d’articles, de premières pages, de "Unes" concernant tous ces patrons qui empochent des aides et dégraissent à tour de bras ? Et lorsque que cela ne suffit pas, ils délocalisent pour exploiter ailleurs de la main-d’œuvre encore meilleur marché ! Combien d’entrepreneurs français sont montrés du doigt alors qu’ils touchent des aides pour garder une petite unité en France et qui délocalisent le plus gros de leurs productions de manière sauvage ?

Il est grand temps de ne plus regarder les plus misérables d’entre nous comme s’ils étaient les responsables de leur propre misère ! Avant de regarder la paille qu’il y a dans l’œil du voisin, il est grand temps de regarder la poutre qu’il y a dans l’œil du patronat français ! Sont-ils patriotes tous ces chefs d’entreprise qui ont tout d’abord fait fructifier leurs fortunes et qui s’enfuient avec l’outil de travail à l’étranger ? Notre Nation les a formés dans ses écoles, avec les moyens de l’État, et aussitôt enrichis, ils s’empressent tous d’aller exploiter ailleurs ce qui est né de la sueur des travailleurs.

Alors, oui à l’Insertion, mais pas au rabais, et avec un salaire digne ! L’insertion ne peut être réelle qu’avec un salaire décent, et quoi qu’en pensent les esprits chagrins, oui, le travail se partage, tout comme la richesse ! Mais pour cela, il faut en avoir la volonté et ne pas se prosterner devant cette nouvelle aristocratie financière qui est née des renoncements politiques et des passe-droits. Nous avons tellement régressé dans les avancées sociales que notre République en revient au temps des privilèges royaux !

Philippe Tesseron
http://pht974.blog-reunion.com/ "

Bien à vous et... à demain.


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